dans Petites Pensées

No Man’s Sky. Vous le détestez, je l’aime…

No Man’s Sky est vraiment une belle expérience. Si vous pensiez avoir un jeu rebondissant qui va vous trainer dans une action haletante, disons que vous avez mal lu les nombreux rappels de Sean Murray, le papa du jeu. (ça fait quand-même 3 ans qu’il répète que c’est un jeu de survie contemplatif.)

No man’s sky vous lâche sur une planète inconnue et hostile. Rester immobile signifie votre mort. Foncer tête baissée, peut-être aussi. Vous pouvez réparer votre vaisseau et quitter la planète au plus vite. Vous pouvez foncer ensuite vers le système suivant et ainsi de suite. Vous raterez, à mon avis une très grande partie du jeu. En tout cas, vous n’explorerez pas, et il ne faudra pas vous plaindre du jeu. Et si l’exploration vous ennuie, ce n’est en effet pas un jeu pour vous, mais vous le savez depuis 3 ans, n’est-ce pas ?

J’ai fait le choix inverse. J’ai abandonné la carcasse de mon vaisseau et je suis parti à l’aventure, désireux d’en trouver un meilleur (souhait exaucé !). J’ai donc marché pendant 30 kilomètres dans un immense désert rocheux sous une chaleur étouffante. Je m’attendais à voir bien peu de vie pour me prêter main forte. Ce fut vrai pendant 5 kilomètres, avant de tomber sur une série de campements peuplés, qui devinrent des avants-postes puis des bases ! J’ai croisé un grand nombre d’indigènes, conversé avec eux (apprenant petit à petit leur langage). J’en ai sauvé quelques uns, j’en ai contrarié d’autres, mais j’ai toujours eu une expérience enrichissante.

Ma route m’a conduit de manière totalement inattendue à de nombreux monolithes, les ruines anciennes de la civilisation qui peupla jadis la planète. J’ai appris beaucoup de vocabulaire et j’ai vu des choses affreuses, je ne sais toujours pas ce qu’était cette abomination prise dans la glace, mais j’ai le sentiment d’avoir bien fait de l’y laisser. Je ne saurai jamais ce qui possédait le corps de ce petit volatile dont j’ai abrégé la souffrance séculaire, mais tiens-je vraiment à le savoir ? La magie existe-t-elle vraiment ? Mieux vaut ne pas contrarier les esprits. J’ai continué mon aventure, voyant toujours plus de choses et m’attachant toujours plus à ce fichu désert qui veut ma mort depuis une dizaine de nuits. Les bases devinrent des oasis de sécurité et l’absence de vaisseau opérationnel était toujours plus stressant. Je progressais par étapes courtes à la recherche d’antennes de communication. Lorsqu’enfin je trouvai un relais transmetteur, je n’eus plus envie de m’arrêter. On m’attendait là-bas.

Enfin arrivé sur place, j’ai eu à réparer un nouveau vaisseau, plus grand, mieux équipé, et salement endommagé. Un regard sur mon ordinateur de bord m’indiqua que mon premier vaisseau m’attendait toujours à plusieurs kilomètres de là. Tant pis pour lui, il a fait sa vie. À moi d’aller faire la mienne. En quittant l’atmosphère, je m’arrêtai un instant pour contempler cette planète aride et pourtant peuplée sur laquelle j’ai tant vécu. Ai-je vraiment envie de partir ? C’est là que j’y trouve l’essence de No Man’s Sky: vivre des choses et les oublier en partant à des années-lumières de là ou creuser encore pour comprendre ce qu’il s’est passé sur cette planète torturée ? Pendant que je regarde le vide depuis un hublot de la station spatiale du système, je n’ai pas encore pris de décision …

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