Le dernier Gardien

Qui dit mois de décembre, dit Star Wars. Mais comme je n’a pas encore été le voir, je n’en parlerai pas. (ET BIM !)

Ce mois-ci, on notera quand-même la sortie de « The last guardian » sur PS4. Certains l’attendent depuis l’aube des temps, d’autres n’y croyaient plus, et moi j’ai juste découvert au début de l’année qu’il allait sortir. Produit par Fumito Ueda, le papa de « Ico » et « Shadow of the collossus », je me suis dit que ça serait un jeu avec lequel je ne craindrais pas grand chose. Certaines chaînes youtube et quelques sites de gaming se permettaient d’avancer que si l’on n’a pas joué aux deux jeux précédents, on ne peut pas vraiment apprécier ce last guardian. Ah bon ? Personnellement, j’ai pris une gifle dès l’instant où j’ai appuyé sur « start ». En bon fan de Microsoft, je n’ai joué qu’à Mario et Pokémon dans ma jeunesse, pourtant. (Wait … What ?).

Ahem… Je ne connaissait pas les jeux précédents, et ça ne m’a pas empêché d’apprécier « The last guardian » pour ce qu’il me fait vivre. Les soi-disant problèmes de framerate me passent, comme toujours au dessus de la tête, parce que c’est pas comme si le jeu était ignoble de ce côté là. L’animation est très fluide et cet immense Trico (une maille à l’endroit, une maille à l’envers…) se déplace avec l’agilité d’un chat. Il y a même des petits détails qui font mouche : lorsque vous vous arrêtez vers un mur, le garçon pose la main contre, lorsque Trico se déplace, si vous êtes sur sa route, sa patte attendra que vous soyez parti avant de se poser là où vous vous trouviez.

Je ne vais pas tout lister ici, mais c’est pour noter le soin particulier qu’à reçu ce jeu. La musique est très discrète aussi. Il n’y en a quasiment pas. En fait, lorsque la musique commence, vous sentez surtout que ça annonce des emmerdes (foutues armures !), ou le vertige (purée qu’c’est haut !). Les décors sont très beaux et il m’arrive souvent de m’arrêter pour regarder autour. Cette muraille de montagnes cache quelque chose, d’autant que l’immense forteresse dans laquelle on se balade est minuscule à côté de ces montagnes. Elle semble posée dans un trou (le trou du cul du monde ?).

L’exploration n’a pas trop d’importance ici (dans un sens, tant mieux, parce que je me perdrais très vite dans ce dédale de couloirs gigantesques). Il y a bien des petites salles cachées qui contiennent des tonneaux de… jus de papillon luisants… pour nourrir Trico, mais on a vite fait le tour. Par contre, si comme moi vous jouez un peu à l’aveuglette, certains puzzles sont très casse tête. Il faut vraiment bien regarder partout dans la salle et effectuer certaines actions dans l’ordre pour trouver son chemin. Certains passage m’ont tellement fait me creuser, que je ne pensais même plus à ordonner à Trico de simplement sauter sur le pont, là-bas…

Petit bémol, cependant : la caméra. Je le ressens bien comme je passe mon temps à admirer l’environnement; cette caméra se comporte n’importe comment lorsque vous grimpez sur Trico dans des endroits exigüs (à l’échelle de Trico, parce qu’à pieds, vous restez un nabot perdu dans un palace). Par contre, en extérieur, le point de vue vous fait bien ressentir l’énormité du truc. Les falaises, les câbles sur lesquels le garçon marche sans broncher. ET LE VIDE ! J’ai pas trop le vertige, j’ai déjà fait un tour en parapente et l’accro-branche ça m’amuse, mais là quand même… Monter sur une succession de chaînes et câbles au dessus du vide tout sa pour décrocher un gros œil en vitrail; la plateforme où vous vous trouvez s’effondre, d’ailleurs, lorsque votre calvaire semblait terminé Et la solution est alors simple: sautez dans le vide. Lâchez tout. Trico se charge du reste dans un slow-motion que je n’attendais pas. Franchement, je n’irais pas faire ce que fait le garçon, perché à ce qui semble être des kilomètres de haut.

La narration est sympa et tombe surtout pour aiguiller le joueur. C’est raconté au passé, de la bouche du garçon devenu vieux qui raconterait son histoire au coin du feu dans un futur indéfini. C’est spécial, mais franchement cool. La plupart du temps, c’est le silence complet. Vous êtes là, seul avec Trico. Vous vous demandez ce que vous fichez là, pourquoi Trico a peur des yeux, pourquoi il était blessé, pourquoi ces armures font du ninjutsu,… Et aussi loin que j’en suis, personne ne donne un fragment de réponse. C’est la marque de fabrique de Fumito Ueda ça, j’ai cru comprendre. La vache, c’est prenant, quand-même.

Moi avec tout ça, y a quand-même un truc qui me chiffonne grave : la PS4 est chez ma copine et j’ai trop de boulot pour y jouer. DAMN, vivement les vacances !